Finir une lettre de motivation manuscrite concentre deux risques distincts : un problème de registre (la formule de politesse est trop désinvolte ou trop archaïque) et un problème de lisibilité (la conclusion devient un bloc dense difficile à déchiffrer). Ces deux écueils se traitent séparément, et aucune formule universelle ne les résout à la fois.
Lettre manuscrite ou dactylographiée : vérifier la consigne avant tout
La majorité des candidatures se soumettent sous forme dactylographiée. Une lettre manuscrite ne se justifie que si l’annonce ou le dossier de candidature le précise explicitement. Choisir le manuscrit par défaut dans un contexte qui ne le demande pas peut donner l’impression d’ignorer les usages en vigueur.
Certains dossiers de formation – les admissions en instituts de formation d’aides-soignants (IFAS) en sont un exemple documenté – imposent au contraire la lettre manuscrite. Dans ce cas, la contrainte porte autant sur l’écriture elle-même que sur la formulation : une écriture difficile à déchiffrer nuit à la lecture de la conclusion, quelle que soit la qualité de la formule choisie.
Cette distinction conditionne tout le reste. La formule de fin d’une lettre manuscrite suit les règles du courrier formel, indépendamment du fait que la lettre soit jointe à un courriel ou remise en main propre.
Structurer la conclusion : trois éléments dans le bon ordre
Une fin de lettre de motivation bien construite repose sur une séquence précise, sans marge d’improvisation.
- L’ouverture vers l’entretien : une phrase qui formule explicitement la demande d’entretien, sans conditionnel excessif. « Dans l’attente de vous rencontrer » ou « Je serais disponible pour un entretien à votre convenance » suffisent. Éviter les formulations qui laissent l’initiative entièrement au recruteur sans manifester de volonté claire.
- Le remerciement : bref, intégré à la phrase de transition, jamais seul sur une ligne. « En vous remerciant du temps consacré à l’examen de ma candidature » précède naturellement la formule de politesse sans alourdir la lecture.
- La formule de politesse : dernier élément, régi par des règles syntaxiques strictes. Elle reprend le titre d’appel utilisé en tête de lettre et ne se réduit pas à « Cordialement ».
Formule de politesse en lettre manuscrite : registre formel requis
Le courrier manuscrit appartient au registre formel du courrier papier. Ce registre exige une formule longue, avec reprise du titre de civilité.
Les deux structures correctes les plus courantes :
- « Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées. » – variante standard pour une candidature adressée sans destinataire identifié.
- « Je vous prie d’agréer, Madame (ou Monsieur) [Nom si connu], mes sincères salutations. » – variante légèrement plus personnalisée quand le destinataire est identifié.
- « Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l’expression de ma considération distinguée. » – variante utilisée dans la fonction publique ou dans un dossier de concours.

« Cordialement » seul est acceptable dans un courriel, pas dans une lettre manuscrite. Utiliser « Cordialement » en fin de lettre manuscrite signale un mauvais calibrage du registre, ce que les recruteurs lisent comme un manque d’attention au contexte.
Si la lettre est jointe à un courriel en pièce attachée, les deux documents ont des niveaux de clôture distincts : la lettre conserve sa formule longue, le courriel peut se terminer par « Cordialement » ou « Bien à vous ». Ne pas confondre les deux niveaux.
Fautes de ton à éviter dans la phrase de conclusion
Au-delà de la formule de politesse, la phrase qui précède concentre les erreurs les plus fréquentes.
Le conditionnel sur-prudent (« J’espèrerais que ma candidature pourrait retenir votre attention ») affaiblit la conclusion sans exprimer de réelle modestie. Mieux vaut formuler directement : « Dans l’attente de votre retour, je reste disponible pour tout complément d’information. »
L’excès d’enthousiasme non étayé (« Je serais ravi(e) et très honoré(e) de rejoindre vos équipes ») alourdit la clôture d’un pathos inutile. La motivation a déjà été développée dans le corps de la lettre : la conclusion n’est pas le moment de la répéter.
Répéter le titre du poste dans la phrase finale crée une redondance qui ralentit la lecture sans rien apporter. La conclusion doit ouvrir vers l’échange, pas récapituler.
Présentation physique de la fin d’une lettre manuscrite
La lisibilité de la conclusion dépend aussi de sa mise en page physique. Une écriture qui se resserre en fin de page parce qu’on manque d’espace produit un effet inverse à celui recherché : la partie la plus formelle de la lettre devient la plus difficile à lire.
Prévoir la place de la formule de politesse avant d’écrire la lettre. La formule longue requiert au moins deux lignes, plus un espace pour la signature manuscrite. Si la lettre est trop longue pour tenir sur une page, le problème se règle dans le corps, pas en compressant la conclusion.
La signature se place sous la formule de politesse, avec un interligne. Elle n’est pas précédée de la mention « Signature : » – cette indication n’a pas sa place dans une lettre de candidature.
Une conclusion courte, aérée, avec une écriture régulière, transmet autant d’information sur le soin apporté à la candidature que le contenu lui-même. Dans le cas d’un dossier manuscrit évalué par un jury, la lisibilité de la conclusion n’est pas un détail formel : c’est une condition de lecture.

