Depuis 2013, l’obligation de formation continue s’impose à tous les professionnels de santé en France, sous peine de sanctions disciplinaires. Pourtant, moins de la moitié d’entre eux respectent entièrement ce cadre réglementaire chaque année. Les écarts d’application persistent entre établissements publics et structures privées, ainsi qu’entre disciplines.
Les organismes certificateurs constatent qu’un tiers des inscriptions aux formations accréditées ne se traduit pas par une participation effective. Les causes avancées incluent le manque de temps, l’offre jugée inadaptée et l’insuffisance d’accompagnement institutionnel. L’actualisation des compétences reste pourtant un critère central lors des renouvellements d’agrément et de titularisation.
Le développement professionnel continu : définition et enjeux pour les métiers de la santé et de l’éducation
Le développement professionnel continu, ou DPC, s’impose désormais comme un pilier, aussi bien pour les professionnels de santé que pour ceux de l’éducation. Dans ces domaines où savoirs et pratiques évoluent à vive allure, rester à jour dans ses compétences et ses connaissances n’est plus une option. Portée par la loi Hôpital, Patients, Santé et Territoires (HPST) puis renforcée par la loi de modernisation du système de santé, cette exigence s’étend à toutes les professions : médecins, infirmiers, pharmaciens, mais aussi au personnel impliqué dans l’enseignement.
Mais la formation DPC ne s’arrête pas à l’accumulation de connaissances. Elle intègre l’évaluation des pratiques professionnelles et la gestion des risques, dans une logique d’amélioration constante des soins et de l’accompagnement éducatif.
L’Agence nationale du développement professionnel continu (ANDPC) et les Conseils nationaux professionnels (CNP) pilotent l’ensemble, autour d’une obligation triennale. Chaque praticien doit justifier d’un parcours cohérent avec sa spécialité, validé par un organisme agréé. L’Ordre des médecins contrôle le respect de cette obligation, tandis que l’ANDPC finance et accrédite les actions de formation.
Pour mieux cerner la démarche DPC, voici les axes structurants qui la composent :
- Maintien et actualisation des connaissances : se tenir au fait des dernières avancées médicales ou pédagogiques.
- Amélioration des compétences : ajuster ses pratiques aux besoins émergents des patients ou des élèves.
- Renforcement de la sécurité et de la qualité : analyser ses méthodes, anticiper les situations à risque pour progresser collectivement.
Le DPC ne se réduit donc pas à une contrainte légale. Il forge une culture d’apprentissage continu, encourage la personnalisation des parcours, stimule l’échange entre pairs et pousse à moderniser le système de santé comme l’enseignement.
Pourquoi le DPC est-il devenu incontournable dans la carrière des professionnels ?
Le développement professionnel continu façonne aujourd’hui la trajectoire de tout praticien, qu’il soit actif dans la santé ou l’éducation, qu’il exerce en tant que médecin, infirmier, enseignant ou cadre. L’accélération des découvertes, la montée des protocoles et les attentes sociétales imposent la formation continue comme une donnée du quotidien.
Les métiers évoluent sans relâche. Les avancées technologiques, l’intégration des technologies de l’information et de la communication, la transformation des référentiels : tout concourt à enrichir son socle de nouvelles connaissances et à faire évoluer ses méthodes. Pour relever ces défis, les professionnels peuvent mobiliser plusieurs solutions :
- cours en ligne accrédités
- formations universitaires (DU)
- congrès de sociétés savantes
- bilan de compétences
Le DPC met l’accent sur la traçabilité, l’évaluation et la reconnaissance des acquis. L’ANDPC, les employeurs, les OPCO ou encore le Compte personnel de formation prennent en charge le financement. L’Ordre des médecins se charge de valider les démarches pour les professions médicales, afin d’assurer une adéquation avec les besoins propres à chaque spécialité.
La formation professionnelle s’impose comme un levier pour la mobilité, la sécurisation des parcours et l’investissement dans le métier. Elle accompagne l’évolution de carrière, fidélise les équipes et accélère l’appropriation de nouvelles pratiques. Côté employeurs, c’est un vrai atout pour attirer et retenir les talents ; côté professionnels, un moteur de reconnaissance et d’épanouissement.
Exemples concrets, obligations et bénéfices : comment s’engager efficacement dans une démarche de DPC
La diversité des modalités du développement professionnel continu (DPC) se constate sur le terrain. On pense à ce médecin qui, pour affiner sa pratique, opte pour une formation en ligne sur l’antibiorésistance, participe à un congrès validé par son Conseil national professionnel ou s’inscrit à un diplôme universitaire consacré à la gestion des risques. Pour un infirmier, il peut s’agir d’intégrer des audits réguliers à son activité ou de rejoindre des sessions de simulation. Dans l’éducation, cela passe par des ateliers de co-développement, du mentorat ou l’engagement dans des projets de recherche-action.
Le cadre instauré par la loi de modernisation du système de santé repose sur une obligation triennale : chaque professionnel de santé doit prouver qu’il a suivi des démarches validées, mêlant formation continue, évaluation des pratiques et gestion des risques. L’ANDPC accrédite les organismes, finance les parcours et garantit la traçabilité. L’Ordre des médecins vérifie le respect du dispositif, accompagne les praticiens et peut exiger le document de traçabilité lors d’un contrôle.
Les bénéfices dépassent largement la simple mise à jour des connaissances actualisées. S’engager dans une dynamique DPC, c’est contribuer à la santé publique, optimiser la qualité des soins, renforcer la sécurité des patients et consolider la cohésion au sein des équipes. Cela facilite aussi la mobilité et met en valeur l’expertise de chacun. Pour tirer le meilleur parti de ce dispositif, il s’agit d’articuler formation formelle, mentorat, retours d’expérience et objectifs personnalisés. Le DPC n’est pas qu’une case à cocher : il accompagne la progression, nourrit la confiance et transforme, au fil des années, le lien entre professionnels et patients.
À l’heure où chaque compétence pèse, le DPC dessine une trajectoire nette : celle d’une profession qui s’adapte, attentive à ses enjeux, déterminée à avancer. Qui saisira cette impulsion pour renouveler sa pratique et façonner le futur de son métier ?


